L'exposition que le Musée du Jeu de Paume consacre à Fellini est pour le moins exhaustive. L'oeuvre du Maître y est décortiquée de manière quasi-analytique, par catégories. Il y a peut-être trop de photographies - trop de photographies de plateau - et pas assez de textes et de dessins (on constate que le divin Federico était bien un excellent caricaturiste). Mais si on aime Fellini, on ne pourra pas ne pas aimer l'exposition, et pousser (souvent) des petits soupirs de plaisir.

La partie occupée par Vezzoli, "A chacun sa vérité", est d'une nature toute différente. Il s'agit d'une seule et même oeuvre - la mise en abîme d'une exposition au coeur de l'espace d'exposition. Le félin Francesco présente dans une première salle un triptyque de vidéos identiques dont la diffusion n'est pas tout à fait synchrone. On y voit Eva Mendès, vêtue d'une longue robe noire à la Anita Ekberg de La dolce vita, danser et provoquer le spectateur. L'objet est captivant. Il s'agit d'une fausse publicité pour une fausse exposition, ou plutôt pour une exposition avortée, dont le descriptif figure sur un mur adjacent. Mais la mise en abîme pirandellesque est combattue par une sculpture un peu trop dilettante, dans un coin, et par trois grands ensembles photographiques un peu trop virtuoses, dans la salle suivante. Comme si l'artiste n'avait pas pu résister à la tentation de montrer, et de réaliser cette exposition qui n'aurait dû "jamais voir le jour".

















